Affaires

Carburant : l'État doit-il baisser les taxes ?

“On en est pas là aujourd’hui”, a expliqué le porte-parole du gouvernement. Mais l’État prendra “les mesures nécessaires” si les prix devaient continuer à monter.

C’est la question au cœur des préoccupations de beaucoup de Français. Et à six mois de l’élection présidentielle, les prix des carburants, et plus largement le pouvoir d’achat, s’installent comme l’un des thèmes phare de la campagne. Politique et acteurs du secteur se renvoient la balle.

Mardi, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a demandé aux distributeurs de réduire leurs marges pour alléger la facture des Français. Et mercredi, les distributeurs ont trouvé un porte-parole en la personne de Michel-Édouard Leclerc, le président du comité stratégique du groupe éponyme. “Si l’État baissait ses taxes (sur l’essence et le gazole), on suivrait”, a-t-il déclaré sur RMC.

“Il n’y a pas beaucoup sous le pied aujourd’hui pour baisser nos marges puisqu’on est déjà pratiquement à prix coûtant”, a-t-il ajouté, précisant gagner “un à deux centimes” par litre de carburant vendu. “Les hausses se voient vite chez nous parce qu’on n’a pas le droit de vendre à perte, on est obligé de suivre le tempo des hausses et de les répercuter”, a poursuivi Michel-Édouard Leclerc.

“Il y a plusieurs pistes qui sont possibles : il y a la question de la baisse des taxes -on n’en est pas là aujourd’hui-; il peut y avoir une question d’une aide spécifique”, a toutefois indiqué sur BFM et RMC le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, tout en précisant que “la décision n’est pas prise”.

Ces derniers mois, les prix à la pompe n’ont cessé d’augmenter, dans le sillage de cours du pétrole soutenus par la reprise de la demande mondiale. “Nous ne laisserons pas tomber les Français”, a également assuré sur RTL la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, affirmant, à l’instar du porte-parole du gouvernement, observer la situation “de près”. “On est en train de regarder quelle est la solution immédiate la plus efficace pour aider les Français”, a précisé Barbara Pompili. 

Marine Le Pen, candidate du RN à l’Elysée, a proposé d’abaisser la TVA sur l’essence, le gaz et l’électricité à 5,5% au lieu de 20%, pour apporter aux ménages français un “choc de pouvoir d’achat”.

Dans les rangs des candidats de la gauche, Jean-Luc Mélenchon (LFI) prône un blocage des prix de l’énergie, “la méthode la plus sûre”, a-t-il dit mercredi lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale. Le chef des Insousmis s’est une nouvelle fois dit “pas d’accord avec les baisses de taxes” comme solution à la hausse des prix de l’énergie, avec pour conséquences majeures, selon lui, “moins d’argent pour l’État” et qu'”on paie (au final) par l’impôt ou l’emprunt”.

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